Les lobbies du tabac mettent le paquet à Bruxelles, alors que l’UE se penche sur le secteur

Les réunions avec l’industrie du tabac et de la nicotine se sont multipliées au cours de cette législature, alors que l’Union européenne s’apprête à réformer plusieurs législations importantes relatives au tabac et à la nicotine. Elle a également proposé, toujours lors de cette législature, des mesures visant à lutter contre les maladies cardiaques et le cancer, des projets qui ont des répercussions sur ces filières.

Certains députés européens ont dénoncé l’accès aux parlementaires dont bénéficie l’industrie du tabac, alors que ceux-ci négocient des mesures visant à prévenir la dépendance et les maladies causées par les produits de ce secteur, notamment dans le cadre d’un rapport sur la stratégie de lutte contre les maladies cardiovasculaires et d’un plan de lutte contre le cancer.

“Je trouve scandaleux et choquant qu’il y ait davantage de réunions avec l’industrie du tabac qu’avec les ONG et les associations qui militent pour l’arrêt du tabac”, s’est insurgée Tilly Metz, eurodéputée membre des Verts.

“Quand on travaille sur des dossiers liés à la santé, c’est tout à fait incompatible de rencontrer régulièrement les représentants de l’industrie du tabac”, a-t-elle considéré, en référence à la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la lutte antitabac, qui stipule que les décideurs politiques ne devraient rencontrer les lobbyistes du tabac que lorsque cela est strictement nécessaire pour discuter de la réglementation du secteur.

L’industrie du tabac et les députés européens qui rencontrent régulièrement les représentants de ce secteur affirment n’avoir rien fait de mal.

Simon Trussler, responsable des affaires fiscales chez British American Tobacco, a objecté que, comme toute autre entreprise en Europe, celle-ci avait une expérience et des arguments légitimes à faire valoir, “car nous voyons ce qui se passe sur le terrain”.

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