
Reste que pour le moment, l’intérêt d’Emmanuel Macron pour le grand raout des discussions climatiques demeure timide : invité à prendre part à la pré-COP, qui se tiendra du lundi 3 au jeudi 8 octobre aux Fidji, il a laissé la priorité à sa ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.
De “Make our planet great again” au détricotage
Cette attitude tranche avec les débuts au pouvoir de celui qui se plaçait alors en héritier de l’Accord de Paris, dont l’objectif est de contenir le réchauffement climatique “bien en dessous” de 2 °C. A peine un mois après son élection, en juin 2017, le président de la République avait ainsi trouvé un écho international en prononçant le discours “Make our planet great again”, en réponse à Donald Trump qui venait d’annoncer le (premier) retrait des Etats-Unis du traité.
Dix ans plus tard, les avancées écologiques du premier quinquennat ont pour partie été détricotées lors du second, sur la rénovation thermique des bâtiments ou la lutte contre l’artificialisation des sols, entre autres. Ces reculs ont eu des conséquences sur l’influence de la France sur la scène internationale, analysait auprès de POLITICO, en juin 2025, Arnaud Gilles, ancien porte-parole du WWF et spécialiste des questions environnementales.
Le risque d’une image ternie à l’international
Ce n’est pas la première fois qu’Emmanuel Macron laisse planer le doute sur sa venue au sommet mondial sur le climat. L’an dernier, il avait officialisé son intention de s’y rendre un peu plus d’une semaine avant l’événement. Il n’était finalement resté que quelques heures sur place, à Belém, le temps d’une escale entre deux visites d’Etat au Brésil et au Mexique. Il s’était également montré discret lors des célébrations du 10e anniversaire des Accords de Paris.
Une impasse sur le dernier sommet mondial sur le climat de son mandat viendrait écorner un peu plus l’image de champion de l’écologie qu’Emmanuel Macron cherche à renvoyer à l’international. D’autres n’ont pas traîné pour officialiser leur participation. Le Premier ministre britannique, le travailliste Andy Burnham, l’a annoncée dès sa première allocution parlementaire, début septembre, après son accession au pouvoir.
Nicolas Cossic a contribué à cet article.