
Ces pays, ainsi que l’exécutif européen, se sont mis d’accord sur trois points, selon ces mêmes interlocuteurs : réagir à la pression d’une “voix coordonnée”, veiller à ce que “toute décision concernant la libération des stocks soit portée au niveau de l’AIE [l’Agence internationale de l’énergie]”, et s’efforcer d’“apaiser les tensions dans les échanges avec les Etats-Unis”.
L’AIE, dont le siège est à Paris, coordonne la politique énergétique des pays développés et a supervisé le déblocage de stocks pétroliers en début d'année, à la suite de la fermeture du détroit d'Ormuz.
L’idée, c’est de “désamorcer” la situation, a expliqué l’une des sources mentionnées plus haut. “Il s’agit d’adopter une attitude à la fois ferme et positive dans la communication […] Quand on a affaire à un lion affamé, on ne lui joue pas forcément des mauvais coups.”
Un groupe plus large de pays, dont certains ont également subi des pressions de la part de l’administration Trump, se réunira vendredi pour discuter de la réponse à apporter, a ajouté cette source.
POLITICO avait précédemment rapporté que le secrétaire américain à l’Energie, Chris Wright, avait mis sur la table une alternative : plutôt qu’un embargo sur les exportations de diesel — dont dépend fortement l’UE —, il demandait que des stocks stratégiques de pétrole soient mis sur le marché.
Les prix du diesel s’envolent aux Etats-Unis en raison des guerres en Ukraine et en Iran. Et la pression s’accentue sur Donald Trump pour qu’il fasse baisser les prix à l’approche des élections de mi-mandat, qui s’annoncent décisives.
Il n’est pas question pour le président américain d’exclure une interdiction des exportations, malgré la forte opposition du secteur pétrolier américain. “J’y réfléchis”, a déclaré Donald Trump lors d’un événement à la Maison-Blanche. Après avoir assuré en parler régulièrement avec d’autres membres de l’administration, il a déclaré que ceux-ci “pensent, en quelque sorte, que cela aiderait le diesel, mais que ça pourrait faire augmenter le prix d’autres produits”.
Cet article a d’abord été publié par POLITICO en anglais, puis a été édité en français par Alexandre Léchenet.