
"Beaucoup de questions portent sur l'utilisation des réseaux sociaux et sur leur inscription dans les comptes", rapporte l’ancien magistrat à la Cour des comptes, passé par la direction de l’Agence nationale pour l’emploi. Pas plus tard que le 22 septembre, la Commission a répondu à Renaissance, le parti de Gabriel Attal, qui voulait des précisions sur le statut des interviews avec des créateurs de contenu.
"La liberté, qu'elle soit d’expression, d’opinion, d’information, est là. C’est compliqué d’incriminer un influenceur qui fait un podcast avec un candidat, s’il n’y a pas de contrepartie financière derrière", acte le haut fonctionnaire. A l’inverse, si le créateur de contenu est payé pour réaliser une interview, l’opération doit être imputée dans les dépenses. Une telle transaction sera d’ailleurs interdite à partir du 1er octobre, date à laquelle la publicité politique est prohibée.
Prévention… et vérifications
Autre signe d’un changement d’époque, sur fond de craintes des ingérences étrangères : les candidats sont invités à faire preuve d’une "extrême vigilance" sur l’origine des fonds qui permettent de faire campagne. Pour les dons aux candidats, ils doivent être faits par des personnes résidant en France ou de nationalité française. Les prêts bancaires ne pourront, eux, provenir que d'une banque située dans l'espace économique européen.
Christian Charpy aura une vigilance toute particulière sur l’origine des prêts de personnes privées, qui constituent un moyen de se financer en plus des dons ou des ressources de son parti. "Est-ce que les prêteurs sont réels, ou sont-ils des prête-noms ? C’est une question qui peut se poser", pointe-t-il.
En cas de doute, le gendarme des comptes de campagne saisit le service de renseignement financier Tracfin pour remonter l’origine de fonds douteux, ou dialogue avec Viginum, l’agence de l’Etat chargée de lutter contre les ingérences numériques, en cas d’opération de déstabilisation "caractérisée".
Lors des dernières municipales, deux candidats LFI avaient fait l’objet d’une attaque extérieure sophistiquée. Le sujet est d’autant plus sensible que certaines formations, comme le RN, peinent à trouver un prêt. Et ce, alors que l’initiative de Matignon de créer un "pool bancaire" pour éviter cette situation a été abandonnée, comme l’a révélé
POLITICO.